Xian
visite de la ville

La véritable rue au dessus des remparts  à 15 m de haut.

Xian possède des remparts en très bon état qui datent du début des Ming. Seul un petit bout manque près de la gare. La ville s'étend au dela et les remparts ne délimitent plus grand chose. Il faut faire une balade de la porte Sud à la porte Est de la fortification. C'est vide, il n'y a presque personne. Un Dimanche à 17H. C'est superbe de se balader tranquillement sur cette fortification. On a plusieurs kilomètres de vue, en ligne droite et c'est assez large, une bonne dizaine de mètres. Environ tous les deux cent mètres il y a un petit poste dans lequel des vendeurs tentent de vendre des reproductions de peintures, des boissons. Ils sont en gros en permanence en train de faire des travaux de restauration. En fait toute la ville, comme la plupart des villes chinoises est en travaux. Les créneaux sont sertis d'un fil lumineux qui les fait ressortir la nuit. C'est superbe. Arriver de nuit à Xian offre un beau spectacle, on a l'impression de rentrer dans un autre monde.

Les remparts actuels qui datent de la fin du XIV ème siècle sont bien plus petits que ceux de la ville sous les Tang. Ils font 2600 (Est Ouest) x 3200 (Nord Sud), 12-14 m de large, et 12m de haut. Pour rappel, sous les Tang les remparts étaient bien plus grands, en gros un carré de 10km x 10km.

Ces remparts ont servis du temps de la Republique de Chine lorsque Liuzhen hua voulait envahir la ville. Xian a fermé ses portes pendant plusieurs mois et il n' a pas reussi a rentrer.

Selon les principes de géomancie chinoise les villes 'officielles', construites par volonté, sont pourvues de rues, fortifications orientées Nord Sud ou Est Ouest. 

 

 
Un côté, Sud Est


Tayanta
La grande pagode de l'oie dans le temple Cien. Elle est au Sud de la ville de nos jours, à quelques km, mais dans les remparts de Changan à son époque. 
Créé sous la dynastie des Sui. 
Dans le grand temple Cien ( rebaptise Cien en 648 pour honorer sa mere l'imperatrice Wende ) il y avaient 300 moines. Il comportait 2000 pièces. Le maître bouddhiste Xuanzang l'a construit et y est venu en 652 pour étudier des sutras qu'ils a ramenés d'Inde lors de son séjour de 17 ans. La pagode servait a conserver les 1335 volumes des 74 sutras. La partie gauche comporte une aile en construction. Forme carrée de la pagode, plusieurs niveaux des jardins, temple, urne à brûler l'encens.
 

Xiaoyanta

Petite pagode de l'oie dans le temple Jianfu.
Jardins, bâtiments en U autour de la pagode. Je monte au premier étage, l'aération donne ... sur le vide ! La aussi le moine Yijing, parti 25 ans sur des routes de l'Indonésie à l'Inde reviendra sous le règne de l'impératrice Wuzetian. De cette longue route il ramène plus de 400 sutras avec aussi des moines pour les traduire.

Le temple Jianfu a été construit en 684. La pagode a été construite en 707 pour abriter les sutras de Yijing. Elle a été fendue lors du tremblement de terre de 1487 et a été restaurée en 1949, mais pas le haut, faute de données historiques. Elle reste donc ouverte en haut. Lorsque l'empereur Wuzong a voulu anéantir le Bouddhisme il n'a pu détruire ce temple car il était temple impérial pour accomplir des rites de l'empereur Gaozong. Il est resté un des symboles du bouddhisme. Il a quand même été détruit par des guerres puis reconstruit.

Parc Xingqing
Au Sud-Est des remparts.

Le pavillon a brule-parfum dans le Sud

Bassin entouré de jardins. Il y a des chanteuses dans le parc. Une scène est montée, micro, hauts parleurs, chaises. On vient y écouter les chanteuses en se prélassant ou chanter soi même. L'animatrice, en robe longue passe avec son carnet pour noter les volontaires, qui chacune leur tour prennent le micro. Grosse utilisation de l'éventail et de ... la mini jupe. Sur les côtés les ouvriers tendent les bâches, allument les fours, se douchent avec une bouilloire. Ils y vivent.

Musée d'histoire.
On y apprend que dans la montagne Qinlin toute proche des traces d'hommes datent d'1.150.000 ans. On y voit les fameuses poteries avec le tripode aux pieds creux et bombés ( 4500 ans av JC ), des bronzes 16-11 eme siècle avant JC et les fameux tripodes en bronze avec bec verseur et les deux attaches sur les côtés ( dynastie Shang ). C'est un très beau musée, avec gardes militaires. Il couvre du néolithique à 1400, sur la région su Shaanxi. Une fois de plus, cette région est LE berceau de la civilisation Chinoise. D'1M d'années av JC à presque nos jours. Les plus récentes dynasties sont parties à Beijing ( Pékin ), plus près des intérêts Mongols. Même Mao est né pas très loin, à une centaine de km au Nord de Xian. Après avoir fait la tête sur le montant du livre que je voulais on me sort le "discount", et hop 30% de moins. Il ne faut jamais payer le prix de base, tout se discute.

Quartier Hui - musulman.
Quartier situé dans un ensemble de rues un peu à l'Ouest de la tour de la cloche. Les petits fours à charbon pour la cuisine crachent le feu sur le côté rue. Il faut faire attention car ils sont placés sur le trottoir et brûlent tout ce qui passe à côté avec des flammes de vingt centimètres. Je suppose qu'il doit y avoir de nombreuses brûlures vue la taille de ces flammes et leur emplacement.

 C'est un quartier avec panneaux ecrits en Chinois et Arabe. On y mange beaucoup de viande de mouton, des pates fraîches et des épices à foison. Les gens portent les 'toques' musulmanes, les vénérables portent une barbe blanche. Les rues sont étroites et le quartier comporte de nombreux restaurants. Les restaurants ont tendance à déverser là où ils sont les détritus dehors. Les cuvettes d'eau usagée sont déversées sur le trottoir. Il y a de temps en temps des tas de déchets qui attendent plusieurs jours avant d'être enlevés. Chacun balance son tas de détritus qui attérit plus ou mois prés du tas. A noter les criquets dans des petites cages que l'on accroche en hauteur. On les entend très souvent. De temps en temps on voit quelqu'un qui a l'air de ne rien faire d'autre que de promener le criquet, qui d'ailleurs est très content et chante ( fait vibrer ses ailes ).

Il y a plusieurs Mosquées dans le quartier, dont la grande. C'est une Mosquée mais à la Chinoise, pas de minaret. Un ensemble de pavillons classiques en bois autour d'un jardin. Des inscriptions en Arabe et Chinois. C'est assez joli. Dommage qu'il n'y ait pas cette architecture arabe avec façades aérées, pièces fraîches, en pierre, cours intérieures.

J'y ai vu deux fois un homme aux yeux bleus, surement originaire du Nord Ouest, peut être un Tadjik ?.

28 Juillet 1999
Marché aux ouvriers
Il est près de la porte Sud. Ils sont là, avec leurs outils et attendent du travail. Ils dorment là, prêts à être choisis au matin. Qui est là avec une pelle, une pioche, un rouleau à peinture, un marteau, un tricycle. A sept heures du matin les rues sont pleines.

La cloche de la tour de la cloche


Les tricycles avec charette

L'avant est celle d'un vélo classique jusqu'à la selle. Puis il y a  à l'arrière une platte-forme supportée par deux roues. Ils transportent de tout. Le vendeur de charbon va à la pêche au clients et transporte ses charges de cylindres de charbon. Il avertit de son passage par de grands appels pour se faire entendre, et scrute tous les endroits pour ne pas rater un client. Un autre transportera des plats cuisinés. Au moindre signe de la main pour l'appeler il dévie son vélo, et se transforme en petit restaurant. Il sort les bols, baguettes, le petit tabouret pour vous asseoir si vous voulez manger sur place, les sauces, épices et vous voila en train de choisir parmi plusieurs plats bien cuisinés un délicieux repas. Ceux qui transportent des repas cuisinés couvrent la petite platte forme arrière d'une structure en verre pour protéger la nourriture des diverses poussières. Un rideau de plastique épais permet d'accéder aux plats à l'intérieur. Un autre va transporter des tuyaux longs de 5 à 6 mètres, une armoire, des blocs de féraille, des moutons ficelés ou se sera converti le temps d'une course en taxi. Il faut faire attention car c'est vite fait de se faire accrocher. Toutefois ils sont très habitués à une foule dense et arrivent à placer leurs roues à quelques centimètres près.

Ceux qui dorment dans les rues essayent de finir leur nuit mais l'activité de la rue très animée est un reveil efficace. Je veux descendre dans une galerie commerciale et me dirige vers l'escalator. Il y a un groupe de trois personnes qui restent devant le passage sans s'engager. Je passe et me retourne. En fait la femme ne doit pas etre habituée aux escalators et a peur de le prendre. Elle finira par le prendre et de peur de perdre l'équilibre s'assied sur la marche en mouvement, perdant au passage ses bouteilles d'eau en plastique qui dévalent les marches. La plus jeune fille est toujours en haut faisant des non de la tête l'air de dire, non j'ai peur j'y vais pas. Le mari est allé avec la femme, visiblement plus habitué.

Musée des Arts,
Aussi appelé forêt des stèles.
  

La stèle classique portée par la  tortue symbole de longévité ( surement car elle  
vit longtemps et se déplace lentement comme si elle avait l'éternité pour elle. 

La stèle se veut un repère stable, dans  la pierre, au dela des générations.


Beaucoup de têtes de statues Bouddhistes, style indien, Chinois Sui et Han - que je préfère - , et Tang. Il n'y a presque pas de statues entières, ou alors elles sont très petites.

Dans d'autres batiments il y a une grande et très précieuse collection de 3000 stèles, pierres gravées. C'est étonant la finesse avec laquelle le graveur arrive à reproduire les trainées q'un pinceau fait avec une écriture rapide. Ce n'est pas aussi fluide mais ils arrivent à graver les trainées d'encre que fait le pinceau quand il est en fin de course. Les 'pleins et déliés', l'épaisseur et l'inclinaison du trait, tout est bien gravé, même sur des petits caractères. Les sujets vont de la stèle funéraire au dictionnaire de certains termes, aux apologies, aux 5 écritures de Zengshen datant de 777 avant JC. Le musée contient les stèles originales des 13 canons de la pensée chinoise, dont les 9 écritures confucéennes. Toutes ces pierres sont de vrais trésors.
D'autres stèles : ici

Les 13 canons 
Ce sont les grands classiques à étudier, que les lettrés connaissaient. Pour référence :
+ Le canon de la piété filliale Shitai,
Les trois Rites :
+ Les rites de la dynastie des Zhou,
+ Le livre du rituel,
+ Le livre des rites,
+ L'histoire (il s'appelle aussi Le livre, ou le livre des écritures),
+ Le livre des changements de la dynastie des Zhou ( ou livre des changements),
+ Le dictionnaire des termes,
+ Les annales de Confucius,
+ Le livre des Songs,
+ Les commentaires de Zuo sur les annales Printemps et Automne,
+ Les commentaires de Guliang sur les annales Printemps et Automne,
+ Les commentaires de Gongyang sur les annales Printemps et Automne,
+ Le livre de Mencius

A noter aussi le livre des odes, poême reflétant la société de l'époque.
Pour info 'Printemps et Automne est le nom d'une période de l'histoire chinoise, environ 800-500 av JC.

Les stèles avec les canons d'inscrits sont assez grandes, en gros un peu plus de 2m de haut. Il y a environ huit 'chapitres' de dix lignes de quarante caractères, (8 x 10 x 40) soit 3200 caractères par face, sur ... 200 stèles pour les 'classiques'. Les caractères sont bien taillés, bien alignés, du beau travail. Pour ces canons de la pensée, le but était de posséder une référence qui soit à l'épreuve du temps. Les copistes qui souhaitaient être surs d'avoir le bon texte allait recopier à partir de la pierre au lieu de recopier à partir d'une copie, avec peut être un caractère altéré qui aurait été remplacé par un autre lors de la copie, changeant ainsi le sens. Et ma fois ça a marché puisqu'on les a encore de nos jours. Ces livres en piere étaient conservés à l'Académie impériale à Changan. Pour les stèles sur les 13 canons cela représente en gros 114 stèles et 650.000 caractères. Celle de Kaicheng est la plus conservée des sept écritures qui ont été faites. Sous les Qing ( dernière dynastie ), le livre de Mencius a été ajouté. La 'Forêt de stèles' dans l'emplacement actuel a été fondée en 1087 et regroupe dans un même endroit les canons ainsi que de nombreuses stèles funéraires. Sur le livre des visiteurs je leur ai indiqué qu'ils pouvaient faire un peu plus attention à la conservation du patrimoine notamment dans les tombes ouvertes.

Cette Forêt de stèles, comme elle est appelée a été initié sous la dynastie des Song.

Il nous reste à trouver nous aussi un support pour transmettre aux générations futures. On en est bien loin. La pierre ne transmet pas grand chose vue sa taille. L'informatique ne transmet rien si on ne passe pas son temps à retranscrire et ne marche que dans des conditions de grande technologie. Des milliards de gens n'y ont pas accès, c'est donc quand même pas un outil de masse contrairement aux cailloux ( stèle ) ! Le bouche à oreille n'est pas superbe à cause des distorsions. Le livre reste le support mais s'abime vite. Alors, des idées, entre le caillou et le cd-rom ?

Victor Segalen, médecin de la Marine Française a utilisé les stéles comme support pour ses poèmes.

29 Juillet 1999
Visité une tombe bouddhiste peu intéressante avec d'interminables couloirs sous terrains, peut être trois cent mètres de couloirs glauques avec des peintures sans intérêt. A côté de la grande pagode de l'oie.

Grande promenade sur tout Dongdajie, puis en direction Sud sur le côté du rempart Est.  Il y a énormément de travaux dans la ville. Elle doit se faire belle pour les célébrations du cinquantenaire de la création de la République Populaire, le 1er Octobre. Les trottoirs sont refaits sur des kilomètres. Vous passez à un endroit en soirée et repassez le matin, ce n'est plus le même. Pendant la nuit, la chaussée a été ouverte sur cent mètres, des bâches ont été placées sur les devantures, des tas de briques sont entreposés et les ouvriers refont déjà l'ensemble.

Le bocal à thé
Revenons à la réalité, au quotidien, loin de la cérémonie du thé que l'on peut s'imaginer, pour transporter son thé en permanence avec eux les Chinois utilisent des bocaux. Ceux en verre ressemblent aux bocaux à cornichon et ont la même taille, le même aspect et le même type de couvercle plat. Ceux en plastique seront à peu près similaires mais avec un couvercle plus haut, supportant une anse souple qui part du haut du couvercle et va se fixer sur une bague qui est solidaire du bocal. Ainsi, en tenant la bague souple avec un ou deux doigts on porte le bocal. Donc les gens sont en permanence avec le bocal en verre à la main, ou la bague en plastique le long d'un ou deux doigts. Et, régulièrement le rituel se perpétue : je dévisse, je bois, je revisse. Dedans il y aura du thé avec les feuilles en suspension que l'on voit très bien, ou simplement de l'eau chaude. A Hong Kong les gens, plus riches, ont des bocaux similaires mais isothermes avec anse fixe. Mais ils ne les portent pas dehors. Ils restent sur le bureau puisqu'ils en ont un autre chez eux.
 
 

En haut du poteau, deux bocaux en 
verre genre bocal a cornichons.

Préparations
Par exemple à Pékin pour les célébrations, ce sont par milliers que des boutiques illégales ou ne représentant pas de bonnes valeurs ( saunas érotiques, vente de CD pirates, massages spéciaux, kara ok douteux) ont été fermées, 100.000 gens illégaux ont été mis dehors, un demi million de livres, CD douteux confisqués ... pour nettoyer la ville. Les hotels sont réservés et ceux qui donnent sur les avenues avec défilés louent les suites très cher vue la demande. La suite la mieux placée se loue environ 20.000 FRF la nuit. Un million et demie de personnes pour le défilé. Evênement à échelle Chinoise. Cet anniversaire est un très grand évênement et les villes s'y préparent longtemps à l'avance à coup de grands travaux. 1er Octobre, Fête nationale Chinoise.

21h30
Les chantiers sont aussi actifs la nuit. On entend les coups de marteau, les soudures ... Les ouvriers vivent sur le chantier. Celui à côté de l'hotel, une construction de bâtiment, travaille toujours. J'écris au son de la flûte d'un ouvrier qui se détent. C'est assez joli. A l'heure de la fin de journée de travail, chacun y va de sa lessive, se lave, fait la cuisine dans le fourneau, tend des bâches pour se faire un chez soi et s'installe pour peut être quelques heures de repos avant de recommencer au matin. Les moins chanceux travaillent. Pour les chantiers dans la rue les ouvriers étendront une natte par terre à côté d'un endroit illuminé, même si ça doit être sur la route. Ils doivent avoir peur de se faire voler ou trouer la peau en se mettant à l'écart, au calme, mais hors de vue.

Et toujours à toute heure cette même indifférence du cycliste ou piéton aux voitures qui claxonent sans arrêt pour se signaler. La voiture sillonne entre les piétons qui traversent où ils veulent, même sur les autoroutes. Le piéton marchera tranquilement sans détourner le regard, comme pour indiquer que la route est à lui aussi. On s'y fait très bien et je traverse moi aussi en ligne droite en plein rond point du genre la Concorde ou la Bastille avec des grosses concentrations de véhicules. Le plus surprenant c'est le vélo ou vélo-charette qui tournera son guidon du nombre nécéssaire de centimètres pour s'écarter un peu mais pas trop, car il n'y a pas de raisons de s'écarter plus. La voiture s'écartera du même nombre de centimètres pour ne pas rentrer dans le cycliste. De temps en temps il y a un attroupement, c'est qu'il fallait malheureusement quelques centimètres de plus. Il faut faire très très attention en sortant d'un véhicule en ouvrant la porte à ne pas blesser un cycliste qui se sera juste dévié un peu pour doubler.

Les échopes sont ouvertes, on met une petite table devant sur le trottoir qui n'est pas du tout fait pour marcher mais est une continuité de l'atelier, du restaurant ou du chez soi. On y continue l'entreprise, s'en sert comme atelier, lieu de stockage, vitrine, ou y joue aux echecs chinois, souvent sur un morceau de tissu avec le maillage de dessiné dessus. Des pièces en bois ou cailloux serviront de pions. Il faut bien sur faire du bruit en jouant et taper les pions au sol, comme les joueurs de cartes frappent la carte sur la table. Bien sur on vend de tout. Un congélateur hors d'usage sera toujours utilisé avec des blocs de glace pour conserver les boissons fraiches et les vendre aux passants. Quelques tables et hop on ouvre un restaurant, et bien sur tout le monde qui me regarde et scrute quand je m'assieds.

Alors on marche sur la route et les voitures et vélos se poussent d'autant. La ligne blanche de séparation des voies semble n'être qu'une suggestion. Chacun roule dessus, passe de l'autre côté pour doubler, roule à contre sens. Ligne blanche, quelle ligne blanche. Ah ça ! vous l'appelez comment déjà ?

Un CD ROM usagé ne sera pas jeté mais mis à l'arrière d'un véhicule pour faire plaque réfléchissante de signalisation. Les gens ne sont pas riches alors tout sert, et resert. Rien n'est gaspillé, on fait attention. C'est sûrement pour ça qu'ils discutent beaucoup avant de conclure. C'est que pour sortir les sous c'est dur. Un petit salaire ça sera 300 à 500 Yuans par mois. Pas de quoi gaspiller avec 500 Yuans.

La ville est assez basse en taille, deux trois étages.

Le soir dans les Karaokes, toutes les serveuses jouent aux dés avec les clients. Ca n'a pas l'air bien intéressant mais tout le monde y joue. Il faut visiblement remuer les dés, dans un pot, regarder et faire une annonce. Si le partenaire pense que l'annonce est sur estimée il demande à voir et doit boire s'il a perdu. Certaines filles sont vraiment expertes en dés et arivent à faire des motifs, du genre un dégradé (trois dés l'un sur l'autre, puis deux et un) rien qu'en les agitant dans le pot. Il y a un petit autel religieux et quelqu'un vient saluer la divinité entre deux bières au son des tubes de musiques

Qu'est ce qu'ils sont curieux !
Dans une galerie d'un musée, un gardien m'aborde et me pose tout plein de questions sur les moeurs des français. Un autre commence à regarder les poils de l'avant bras et inspecte ma ceinture en cuir. Une des trois personnes est allée jusqu'à toucher la ceinture pour voir si c'est du vrai. Les yeux me scrutent sans arrêt, de haut en bas. Quand je passe, certains anticipent un peu et se placent de manière à mieux voir quand je vais passer à côté, et si je me retourne c'est à coup sur qu'ils discutent de moi. On s'y fait et je n'y porte plus guêre attention. Au contraire quand je vois un très curieux je vais vers lui et essaye de demander ce qu'il veut voir. Si je m'assieds pour prendre des notes, une ou deux personnes viendront se mettre juste à côté et regarderont mon carnet. Si j'écris debout en marchant ils dévient leur marche pour se rapprocher et mieux voir. Si je commence à parler il y a vite cinq personnes qui viennent voir de quoi il s'agit. De temps en temps quelqu'un que je croise regarde vaguement et tout d'un coup s'aperçois que je ne suis pas Chinois. Et hop il fixe et inspecte cette curiosité que je suis. C'est dangereux car le cycliste tournera la tête mais continuera à avancer.
 

 
La porte Sud

La guide du tour Est me dit que je ressemble à un Chinois. Sur le séjour on m'aura pris par ordre pour un Américain, Français, Chinois, Pakistanais, Japonais et une fois Musulman. Rien que ça !  L'Américain, sans arrêt, le blanc = l'américain (meiguo). Je passe mon temps à dire que je ne suis pas meiguo mais faguo. Français, plusieurs fois. Un français est venu me voir en demandant directement "est ce que je peux me mettre à votre table ?" en Français. Je réponds "Comment savez vous que je suis Français ?" "Oh, ça se voit quand on a l'habitude". Il a la quarantaine avancée et a correctement voyagé dans sa vie. Pour le Chinois c'est tout à fait possible. Dans le Nord Ouest de la Chine il y a des Chinois 'caucasiens' et je suis toujours habillé en tenue de ville, pantalon sombre, chaussures de ville, chemise. Presque local. Je n'ai pas l'air du touriste classique. Je ne suis jamais en Jean ou short, T-shirt, tennis. Il y a des cireurs de chaussures partout et les habits ça se lave. De toutes façons je n'ai pas de Jeans ! Pakistanais, il y a beaucoup de soleil et je suis assez bronzé, les cheveux très court, peut être le style. Japonais, alors là mystère mais c'est arrivé une fois. Je suppose que comme ce sont des gens qui voyagent beaucoup  et qui ont de l'argent, l'étranger habillé propre sur lui est pris pour un Japonais. Et Musulman une fois. A l'aéroport de Xian, j'étais assis en attendant mon vol et un superbe quinquagénaire en robe blanche, toque et barbe se plante devant moi, me dévisage et me demande "musulman ?". Ben non. D'où alors. France. Et il me fait le signe OK avec le pouce et me dit la France c'est bien ( en Français d'ailleurs ).

Des contrastes Chinois !
- La pléthore de pagers et téléphones portables et la femme qui a peur de prendre l'escalator.
- On dépense 300 Yuans dans un resto chic et 2 Yuans pour un plat dans le resto de rue (aussi bon d'ailleurs, moins varié certes).
- Maison de thé avec thé fins et superbes hotesses qui accueillent et bocal à cornichons avec de temps en temps simplement de l'eau chaude dedans.
- Grosse cylindrée 4x4 brillante et vélo charette.
- Hotel luxueux genre Hyatt et une natte par terre dans la rue sous le lampadaire.
- Superbe fille en robe longue, talons aiguille et celle habillée plus simplement.
- Boutique de luxe avec présentoirs sophistiqués, articles de qualité et un bout de ficelle tendu entre deux poteaux avec deux grappes de raisin à vendre.
- Grandes cuisines des restaurants chics et le four à charbon dans la rue qui crache le feu sur le trottoir.
- Station essence et une bouteille d'un litre sur un tabouret sur le bord de la route.
- Fille à la peau blanche et celle à la peau abimée par le soleil.
- Paiement avec du liquide partout. ( les cartes de crédit sont très très rarement acceptées )
- Une bierre dans un endroit un peu classe coûte le prix de dix repas dans la rue.
- L'employée de bureau qui termine sa journée à 17 h et le chantier qui travaille jour et nuit.
... et bien d'autres.

L'entrepreneur Grec que je rencontre un soir demande son addition en Cantonais ! Pourtant il vit a Xian. Je lui dis que ça ne marche pas ici. Ici c'est Han. Il me répond "mais si, c'est ce que je demande à Hong Kong". Oui certes à HK c'est cette langue mais la Chine a de nombreuses langues et ici le cantonais ça ne marche pas ! Toutefois comme en demandant l'addition il fait le geste de signature de la facturette, ça marche.

D'où venez vous ?
Ah, là c'est un peu dur pour moi. Expliquer que je suis Français - donc vous vivez à Paris - non à Hong Kong. Ah... silence. HK n'a pas une bonne réputation en Chine. C'est l'étranger. D'ailleurs dans les aéroports c'est l'aérogare international. Et la Chine n'a pas bonne réputation à HK. Le Hong Kongais ne dira jamais qu'il est Chinois mais Hong Kongais, à la rigueur Cantonais, mais pas Chinois. Il se prennent pour l'élite vu l'avantage qu'ils ont eu avec les capitaux Britaniques et la liberté pendant les cinquante dernières années. Ils portent peu d'intérêt pour les 'mainland' (du territoire), comme ils appellent les Chinois mais puisent amplement dans la main d'oeuvre. Ils ne se mélangent pas.

Temple Taoiste de Taipai.
Les gens immortels Taoïstes, comme le médecin.
Je rentre à pieds. Sur le chemin du retour je passe par des sortes de 'puces' pour pièces détachées. La caverne d'Ali Baba de l'ouvrier ou du bricoleur. Cela va de l'intérrupteur au disjoncteur, engrenages, moteurs complets de toutes sortes, cables, outils, vêtements... Les gens font leur vie dans le sommaire atelier boutique de quelques mètres carrés. Ils y ont mis quelques chaises, voire une petite table et joue aux echecs chinois ou aux cartes en mangeant quelques pastèques et buvant du thé ou de l'eau chaude. La pastèque est LE fruit roi. Je n'exagére pas trop en disant que tout le monde en mange sans arrêt. Il apporte de la fraicheur. D'autres se prélassent en attendant le client.

Les agences et taxis
Je passe par un hotel ( Bell Tower ) avec l'agence de tourisme CITS incorporée. Je vais voir et demande les prix pour aller un peu plus au Sud de Xian. Il vend un peu n'importe quoi à des prix très élevés. Au bout de cinq minutes de négociations il me sort une phrase du type "Je peux vous réserver une voiture pour environ 500 Yuans". Comme si c'était compliqué de lever le bras et commander un taxi ! Je lui réponds que c'est n'importe quoi et parlant un petit peu Chinois je n'ai pas besoin d'un chauffeur qui va me dire "ici c'est le temple" et c'est tout. Je veux un tour en bus avec guide ou rien du tout. Il comprend bien que je ne paierai pas ces 'voitures chauffeur' assez inutiles, car le chauffeur n'est pas guide et je me débrouille seul pour les transports. Je lui rappelle que pour le tour Ouest qu'il propose à 700, je l'ai fait pour 180 tout compris, une journée complète de bus et toutes les entrées aux musées. J'arrête là la commande et continue à faire la causette sur un peu tout et rien. On discute des ordinateurs, de son traducteur électronique, des gens... Je vois qu'il apprend l'anglais entre deux clients. Et puis il finit par me dire quelque chose du genre. Allez, va, tu prends le bus numéro tant jusqu'à l'Université. Puis un autre qui t'emmènera directement au pied du Mont à visiter. Ca ne te coûtera que 4 Yuans de bus et 20 pour l'entrée sur le site. J'ai fait mes études à cette université, connais encore du monde et peux même appeler une amie qui sera ravie de faire guide pour pratiquer son anglais.

Les agences et taxis, tous ces gens aux contact des étrangers ont quand même la nette tendance à nous prendre pour des cons et c'est le bon mot. Mais si on refuse clairement de payer le prix à gogo, comme par miracle les prix changent. Je reprends régulièrement le taxi qui ne prend pas la bonne route ou qui demande deux fois le prix. Le Grec qui travaille ici leur indique systématiquement que le compteur doit être sur 5 Yuans de prix de prise en charge et non les 6 que le compteur affichera dès que l'étranger a mis le pied dans le taxi. C'est pas pour le montant mais pour la forme. Il n'y a pas de raisons de cautioner un tel comportement surtout quand il est presque systématique. Un non ferme et les gens comprennent de suite et proposent un autre prix histoire de ne pas perdre une affaire quand même, car, ici, on a le sens du commerce.

Pour les achats tout se discute. On inspecte, négocie, il n'y a pas la notion de prix fixe avec une belle étiquette. C'est à la tête du client, et quand elle est étrangère les enchêres commencent plus haut. Quand vous êtes intéressés vous aurez plusieurs personnes autour de vous, chacun mettant son grain de sel, proposant son service, passe du temps à comprendre l'objet de la transaction dans tous ses détails pour tout vendre sans rien rater. Vous voulez aller à un endroit, bien il y aura le taxi qui vous proposera d'y aller, puis le vélo taxi. Ensuite le bus voyant qu'il se passe quelque chose s'arrêtera pour vous demander où vous allez. Du coup le taxi et vélo bus changeront vite fait, avec le nouveau prix il commencera à proposer de prendre le bagage, avec des OK, OK pour attendre une confirmation de votre part. Les vendeurs vous proposeront une bouteille d'eau pour le trajet, le chauffeur demandera si vous voulez aller ailleurs le lendemain. Avez vous un hotel, vous voulez manger ? Et quelqu'un qui ne peut pas assurer un service ira chercher le collègue qui fournira mais on ne rate pas une affaire, même petite.

Un chauffeur m'emêne à un temple Taoïste. Il me raconte tout plein de choses que je ne comprends pas sur le trajet. Je finis pas comprendre qu'il me dit que ce n'est pas bien d'aller là bas pour un Francais. Mais je n'ai pas compris s'il voulait dire "pas interessant" ou pas bien car un lieu religieux. Tout d'un coup, prês du temple il s'arrête et continue à raconter tout plein de choses. Il m'amuse car à chaque tournant il se passe quelque chose avec lui. Mais là ça devient long. Je monte d'un ton et à forte voix dis en Français "Ah c'est bon hein, maintenant tu m'emmènes au Temple et c'est tout" Et hop il repart. Ca coutait 12,70. Je lui donne 20 et attends la monaie. Il me dit qu'il n'en a pas. Je reprends mes 20 et lui donne 10, dis au revoir et fais mine de partir. Et hop la monaie arrive.

Le quartier n'est pas joli du tout, maisons de briques en terre avec paille, délabrées poussiéreuses, trottoirs défoncés.

Visite de la partie Ouest de la fortification.  Petit musée Route de la Soie. Une employée fait sa sièste sur un tas de tapis près de la fenêtre. Il y a toujours quatre ou cinq personnes dans ces pavillons musée. Ils jouent aux cartes, dorment, boivent du thé, s'ennuient.

Il fait assez chaud et sec. Chacun se protège comme il peut. De rien du tout à la casquette, une serviette sur les épaules, sur la tête. Les bouteilles d'eau sont vendues congelées de manière à rester fraiches plus longtemps. Les éventails sont largement utilisés, du grand en tissu à ceux en plastique. Les parasols sont fixés dans le sol, là où il y en a besoin. Des attaches métalliques sont fixées au sol aussi pour supporter les cordes qui fixent les baches. Donc quand on marche on passe régulièrement sur ces attaches, ou manque de se prendre les pieds sur une ficelle tendue pour la bache. Aucune signalisation alors qu'un petit ruban sur la ficelle ne coûterait rien et serait bien utile pour les passants. Des joueurs de cartes sont dans une petite arrière cour, avec des poules ! Sont ils dans le poulailler ou les poules dans la cour ?

Le vendeur de plats cuisinés n'a plus de barquettes et les gens mangent directement dans des sacs plastiques. J'ai vu plusieurs fois des gens marcher avec un sac plastique contenant de la nourriture cuisinée et manger directement à partir du sac.

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